Friday, March 19, 2010

Le Soprano

Ceux qui détectent une lie élogieuse / complaisante dans le cinéma mafieux ne sont pas libres d'un certain degré de raison; spécialement en ce qui concerne la saga grande Du Parrain, bien qu'il est certain que non plus d'autres valeurs, voir L'un des nôtres ou Le prix du pouvoir, ne ressortent pas par sa critique à la Mafia, autant que ses protagonistes, d'une forme ou de l'autre, finissent corrigés.

Dans ce sens, une série comme Le Soprano suppose, jusqu'à un point pas excessif, un réglement d'un compte. Bien que ne soit pas cette sa caractéristique unique excellente, bientôt on perçoit cet éloignement qui fuit de la présentation du personnage principal, Tony Soprano, quel héros à la hauteur de Michael Corleone. Principalement, parce que Tony Soprano beaucoup est loin d'être cette figure robuste, totémica, ce garçon que personne n'attend et que finit par hériter l'empire mafieux et en le dominant avec astuce. Le Parrain est, en définitive, une histoire de dépassement, celle de la famille Corleone. La famille Soprano prend le chemin opposé : celui de la déconstruction.

Le plus grand mérite de cette série réside, donc, en sa capacité de déshabiller à sa distribution nourrie de personnages. En commençant, sans doute, par celui qui l'un des meneurs est en tête d'eux, Tony Soprano, de la mafia de New Jersey qui hérite bientôt le poste de boss maximal. Tony Soprano est un type accablé, un type auquel peut la pression, lequel un bon jour commence à s'effondrer (littéralement) dans les moments les plus inopportuns et lequel finit par recourir (en secret, donc il est vu mal dans son affaire) aux services d'une psychiatre (une femme, pour plus d'inri). On apprécie tout de suite qui peu de laudatif va avoir son portrait. Ils ne laissent pas Tony de lui grandissent les nains, un bien est par la faute d'un oncle batailleur, une mère insupportable, quelques enfants curieux ou quelques subordonnés qui mettent la patte par maladresse ou pour vouloir sortir plus tranchée de celle qui correspond leur.

Considérée la meilleure série de tous les temps, il est d'une justice de reconnaître que sa galerie de personnages occupe un poste d'honneur : en commençant par le propre Tony, mais sans desmerecer les secondaires, dont le rôle principal est parfaitement dosé; si initialement la mère émerge comme l'énorme figure capable de tourmenter son fils jusqu'à des limites insoupçonnées, après ils recueillent le témoin l'oncle Junior, le toujours anxieux de monter Christopher et le psychopathe Richie. Tous jouent un rôle important et on fait le portrait de tous d'une forme coléreuse.

Loin d'offrir un spectacle pyrotechnique de coups de feu et de sang, Le Soprano est plutôt le résultat, porté au terrain de la fiction, de placer une chambre dans la vie d'un mafieux de nos jours. Un sujet que vit vie radicalement différente de celle du reste de mortels. Ce qui apparaissait ébauché chez Le Parrain (Michael en fermant à Kate dans les museaux la porte de son bureau, en séparant la vie familière des "affaires") est ici levier fondamental de l'action. Tony Soprano, et ceux qui l'entourent, ne se lèvent pas, ils pointent au travail, et reviennent à ses maisons par la nuit. Ils ont d'autre type de problèmes : le FBI, des clans des rivaux, les rapporteurs qui partent de la langue, de départs de poker, des gens à celle qui faut serrer les écrous ou, même, donner un passeport … Une existence qui est salée des marges de la légalité et, donc, de la normalité. Dans la consultation de la psychiatre, précisément, il est où cette différence se dessine avec la plus grande exactitude, où mieux nous contemplons la collision de ces deux mondes.

Avec tout cela, il doit lutter, le pauvre Tony Soprano, interprété par James Gandolfini dans le papier de sa vie. Il lui ne va pas aux arrières, Edie Falco, qui a démontré en interprétant la femme d'un mafieux (confinée aux limites de sa maison, trompée par un type un machiste et un coureur de filles) de ce qui était capable. La famille est, bien sûr, le pierre angulaire de la trame; pas en vain, la série s'appelle Le Soprano.

Bien que peut-être une affirmation aussi terrible que la déjà décrite de “la meilleure série de tous les temps” puisse sembler excessivement dogmatique, certains pourront controverser la qualité de ses tirets et du rôle qu'il a joué dans l'ère dorée de la télévision. Le Soprano est télévision avec majuscules.

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