Tuesday, March 23, 2010

Un prophète

Des films sur les mafieux ou les criminels qui surveillent ou surpassent les deux heures et demie : les trois remises Du Parrain, Scarface, L'un des nôtres; et maintenant, Un prophète (Un prophète, 2009). Son directeur, Jacques Audiard, trouvera une taille justifiée métrage; cependant, le spectateur sort du cinéma avec la sensation de ce que s'est débarrassé un menu trop long.

Argumentalmente, Un prophète serait plus proche de Scarface que Du Parrain : nous ne sommes pas devant la grande histoire d'une saga familière (mafieuse) mais devant l'ascension, en ne partageant rien de, d'un criminel. Audiard a voulu faire comprendre très que son Malik Djebena peu a à voir avec Tony Montana. Il ne voulait pas, il a dit, un dé névrotique à l'excès (Le Djebena démarre avec un profil plus que sous). En revenant à la question du métrage, si chez Le Parrain il était plus que justifié, Scarface ne semblait pas non plus eu besoin de quelques heures de ciseaux dans la salle de montage.

Avec Un prophète en revanche elle donne, la sensation de ce que pour Audiard lui est partie la main. Il veut être minutieux, et est l'un des forts points du film, dans la narration de comment son héros fait de l'escalade lent et douloureusement, en montant dans la chaîne alimentaire à coups des bâtons, des assassinats et de propres travaux d'un domestique. Si dans un aspect il devait être spécialement soigneux, il était précisément dans cela. Difficilement le spectateur aurait pu lui pardonner que, au style le plus pur des films médiocres, il acquittera la transformation de saucisson au piment de cheveux moyens dans jefecillo de la pègre dans un quart d'heure, après deux bagarres, une poignée de phrases et d'une mélodie tragique en sonnant d'un fond tandis que s'enchaînent les scènes fades où est raconté le mauvais qui passe dans la prison.

Audiard ne commet pas ce péché. Son approche au vrai monde de la prison est coléreuse. Il dénonce une documentation excellente. Les surveillants sont croyables, les prisonniers sont croyables, les clans (le corses, l'Arabes) sont croyables. Le réalisme est puissant, agressif (la première exécution, sans aller plus loin). Mais oui Audiard commet un autre péché : sa volonté de documenter tout au détail rallonge terriblement le film. Il manque une capacité de synthèse dans un point, bien qu'il ait la vertu de rendre compliqué le fait de deviner où il aurait pu mettre les ciseaux. Mis déjà à compléter la liste de défauts, les sommeils et les paranoïas qui assaillent le protagoniste ont envie hautement éventuels. Il veut Audiard éviter la pureté du genre et apporter des coups de pinceau poétiques, mais il n'est pas difficile d'imaginer la bande sans ces scènes, et même en allant mieux.

Remarquées les points négatifs, il est d'une justice de réitérer que le traitement de la prison et l'évolution Du Djebena sont excellentes. Appuyés, n'est pas moins certain, par le travail excellent de l'acteur principal, jusqu'à présent Tahar Rahim inconnu, qui donne à Audiard cela qu'il demandait : rien d'excès, rien de grimaces, rien de plonger le visage à une montagne de coca. Rahim est parfait à chaque instant : le même en recevant une raclée pour lui voler ses chaussons dont en souffrant devant son premier assassinat, en assumant ses nouveaux galons et en expérimentant la sensation indescriptible de se sentir libre de nouveau. Niels Arestrup comme le boss corse César Luciani manie un registre beaucoup plus expansif qui s'incarne avec un éclat identique.

Dans tous les prix, et ils ont été très grands, amassés par Un prophète l'applaudissement est détecté à l'effort pour avoir pénétré dans un monde qui n'est pas nouveau, celui de la prison comme microcosme, et pour y avoir un dépourvu des clichés et de lieux communs dans lesquels d'habitude est tombé le cinéma, spécialement l'américain. Également, le fait d'avoir filtré le genre pour servir ce qui n'est, en définitive, qu'une autre histoire de dépassement personnel. Le Djebena ne découvrira jamais le soin contre le cancer il ni marquera le but définitif dans la finale du Championnat mondial, mais un statut social a été cultivé en partant d'une situation qui ne pouvait pas être moins avantageuse. Il n'y a pas ce louange au mafieux qui certains ont voulu voir chez Le Parrain, mais un portrait minutieux du succès du paria. La pitié que, en échange, ont été nécessaires 155 minutes.

Un verdict : 7.

Le meilleur : Tahar Rahim.

Le pire : Un métrage excessif.

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